Vénération de la croix

" Avec Toi, nous passons de la mort à la vie "

 

 
Vénération de la croix

Le vendredi saint, au cours de la célébration de l’Office de la Passion, l’Eglise invite tous les fidèles à vénérer la Croix du Christ par laquelle nous sommes sauvés.

Le célébrant chante alors à trois reprises, de plus en plus haut, l’invitation à adorer la croix, en la dévoilant progressivement :

« Voici l’arbre de la croix du Christ notre Sauveur, sur laquelle est suspendu le Salut du monde.
Que toute la terre s’avance ! »

L’assemblée et le chœur répondent en chantant l’acclamation :

« Venez, adorons le Seigneur qui sauve le monde par sa Croix ! »

Et chaque fois, on se prosterne pour adorer durant quelques instants.

Tous viennent ensuite en procession pour vénérer et baiser la Croix, tandis qu’on chante des hymnes, en particulier le chant des impropères ou « chant des reproches » : « L'opprobre (impoperium) a brisé mon coeur et les injures de ceux qui t'injurient sont tombées sur moi. Pour nourriture, ils m'ont donné du fiel et dans ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre », prophétise déjà le Psaume.

Pourquoi regarder Jésus crucifié ?

Un supplicié parmi tant d’autres au cours de l’histoire de notre terre si remplie de la violence des hommes. Pourquoi en faire mémoire ? Pourquoi le contempler ? Pourquoi vénérer un instrument de torture ? C’est le bonheur et la paix que l’homme désire au fond de lui-même, c’est cela qu’il recherche par-dessus tout !

Au premier abord, le mystère de la croix est en effet le plus troublant qui soit, parce que ce n’est pas autre chose que le problème du mal sondé à fond, et c’est notre propre mort que le Christ affronte.

Si la liturgie du Vendredi Saint nous invite cependant à tourner nos regards vers le Christ en croix, et même à vénérer cette « sainte croix », c’est en le faisant avec les yeux de la foi : nous ne venons pas gémir sur un vaincu mais célébrer la victoire décisive de Jésus-Christ sur le mal, car ni le péché, ni la mort, ni le diable n’ont pu trouver en lui de complicité. C’est le Christ vainqueur que l’Eglise adore sur la croix. Elle est glorieuse, car elle est condition de la Résurrection - qui tue à jamais la mort.

Ainsi pénétré, ce mystère devient éminemment pacifiant : cette paix est la puissance de la Résurrection au plus profond de la mort. Pour la foi, la croix n’est plus le simple instrument du plus odieux des crimes, mais elle devient « l’arbre de vie planté pour la guérison des nations ».

C’est la raison pour laquelle les premières communautés chrétiennes représentaient sur la croix le Christ glorieux. En particulier, sur les peintures des catacombes romaines, la croix est figurée par un arbre en pleine floraison, « l’arbre de vie ».

La passion du vendredi saint est donc indissociable de la résurrection ; elles sont comme les deux faces d’une même réalité. Aussi perçoit-on déjà, dans les chants qui accompagnent la vénération de la Croix, comme un avant-goût de la nuit sainte de la Résurrection :

« Ta croix, Seigneur, nous l’adorons
et ta sainte résurrection, nous la chantons.
C’est par le bois de la croix
que la joie est venue dans le monde. »

 

« Voici le bois de la Croix qui a porté le salut

du monde. 

 

Venez adorons ! »


Voilà ce que nous chantons le Vendredi Saint. Cela n’allait absolument pas de soi au temps de St Paul (cela va-t-il de soiaujourd’hui ?) Paul, avant d’adorer cette Croix, l’a haïe. Insupportable objet ; abjecte représentation : un messie crucifié ? Mais vous plaisantez ! Vous blasphémez ! C’est scandaleux ! c’est vraiment "n’importe quoi" ! (cf. 1Co 1,23).


Paul a vigoureusement combattu ceux qui eurent la bêtise de s’enticher d’une idée aussi fumeuse : « le langage de la croix est folie » (1Co 1,18). Jusqu’au jour où l’hôte de la Croix, le Crucifié lui-même, s’est manifesté à Paul : « Je suis Jésus,celui que tu persécutes » (Ac 9,5). Une révélation, un radical retournement. La Croix où le Roi-Messie a été humilié, désormais il l’adore, il l’embrasse, il l’annonce. Jusqu’à oser écrire : « je suis crucifié avec le Christ ; et ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » (Ga 2,19-20). « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait… de moi un crucifié pour le monde » (Ga 6,14).

La Croix devient le centre de saprédication comme de sa foi : « ô Galates sans intelligence,qui vous a ensorcelés ? à vos yeux pourtant ont été dépeints les traits de Jésus Christ en croix ».


Pourquoi donc ce retournement ? c’est que Paul n’a plus vu dans la Croix ce qui choquait sa sensibilité et ses options
théologiques, il n’y a plus vu un objet ou une idée, mais plutôt une personne divine incarnant l’amour fou (oui fort et fou) de Dieu pour nous, son amour dépouillé, nu, pauvre et puissant. Un amour sans fard ni faux fuyant. Un amour qui « ne cherche pas son intérêt, qui ne s’irrite pas, qui ne tient pas compte du mal… qui excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout », un amour qui « ne passera jamais » (hymne à la charité, 1Co 13,5-7). Un amour en acte.

Cet objet de décoration murale, le Vendredi Saint et St Paul nous invitent à le regarder pour ce qu’il est profondément : un chemin de Dieu vers nous, un chemin de nous vers Dieu, un chemin et non une barrière.

Ce que nous adorons, ce que nous annonçons, ce que nous portons,ce n’est pas un instrument de torture, c’est une personne qui se donne à adorer, à annoncer, à porter. Ne séparons pas la Croix de Celui qui s’y trouve, de Celui qui s’y est trouvé. Ne séparons pas la Croix de son hôte divin.


Cela vaut aussi pour « nos » croix : « nous sommes aux prises, mais non pas écrasés ; ne sachant qu’espérer, mais non désespérés ; harcelés, mais non abandonnés ; terrassés, mais non vaincus. Nous
portons partout et toujours en notre corps les souffrances de mort de Jésus, pour que la vie de Jésus soit, elle aussi, manifestée dans notre corps » (2Co 4,8-10).
P. Benoît Moradei

Hymne : Ami des hommes, Jésus Christ

Ami des hommes, Jésus Christ,
Tu donnes sens à notre histoire ;
Les yeux fixés sur l'avenir,
L'Église vit de ta mémoire.

Le temps du jeûne t'offrira
La part obscure de nous mêmes.
Tes mains, captives sur la croix,
Dénouent les liens de nos ténèbres.

Ne laisse pas, au long du jour,
Nos vies manquer à la lumière ;
Recharge-les du poids d'amour
Qui les entraîne vers le Père.
Pardonne, Seigneur, les torts de ton peuple ; puisque notre faiblesse nous a rendus captifs du péché, que ta tendresse nous en délivre.

"Voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde."
La Croix du Seigneur est une grande force
Qui brille en tout lieu.
Elle s'est manifestée solennelle
Au Ciel, en Enfer et sur la Terre.

Au Ciel, par Elle le Paradis s'est ouvert
Et Satan fut vaincu en Enfer.
Par Elle l'homme s'élève vers Dieu,
Elle a le pouvoir sur la mort.

La Croix déverse sur la Terre
Des torrents de bienfaisance.
À son ombre joyeuse
L'affliction disparaît.

Sur la Croix le Donateur de Vie crucifié
Accorde la consolation aux affligés.
Il protège ceux qui souffrent,
Car Lui-Même a été le Grand Souffrant.

La Croix dispense le secours ;
Elle fait le bien utile
Par sa force, Elle préserve en nous
La capacité d'aimer le prochain.

La Croix nous rend vainqueurs des passions,
Elle pacifie nos âmes ;
Nous repoussons les séductions
Et sommes gardés dans la droiture.

Par Elle, nous sauvons notre âme
Pour la Vie éternelle et sainte ;
Nous protégeons aussi nos corps
Des malheurs de cette vie terrestre.

Par la Croix, nous déchirons
Les rets de l'ennemi ;
Nous détruisons son orgueil semé en nous
Et nous broyons ses desseins.

Viens, mon frère, avec la force de la Croix,
Invoque-La de tout ton coeur,
Marque ta Vie du signe de la Croix
Aux jours de joie et d'affliction.

Celui qui s'arme de la force de la Croix
et recourt à Elle avec Foi,
Celui-là s'élèvera vers la sainteté.
À LA CROIX

Celui-là ne craint pas l'ombre de la mort
Et vit de la Vie éternelle ;
Son âme est tendue vers le Seigneur,
Son âme fleurit d'Amour envers Lui.

Nous aimons tous la Croix du Seigneur,
En Elle, nous encrerons notre espérance ;
Elle nous sauvera toujours,
Elle sera notre félicité.

Pères et mères ! Conduisez vos enfants
Au pied de la Croix,
Et répétez leur bien souvent
Que la Croix est le grand Don du Christ.

Qu'Elle est l'instrument du Salut,
Le réceptacle de la Grâce ; que sans Elle,
Nous ne pourrons voir le merveilleux
Miracle de la Rédemption.

C'est de vous, d'abord, qu'ils apprendront
À vénérer la Croix du Seigneur :
Ensuite, ils désireront eux-mêmes
La magnifier dans les siècles.

Que chaque jour, ils embrassent la Croix
Vivifiante du Christ,
Et que leurs coeurs tendres comprennent
Qu'Elle est l'instrument du Salut.

Qu'ils grandissent en se signant
Pour le bien de toute la Terre, de leur Pays,
Et qu'ils attirent la Grâce de Dieu
Sur eux-mêmes et leurs familles.

Alors, leurs jeunes âmes
Se fortifieront dans les travaux de la Vie;
Loin des embûches du démon
Leurs oeuvres prospéreront.

La force de la Croix fera prospérer
Toute notre fraternité humaine sauvée par la Croix,
Et, par la Grâce prodigieuse,
Elle s'illustrera au fil des générations.

Le Seigneur Lui-Même l'aimera,
La nommera son Élue, et, par Elle,
Il éveillera le Monde entier


différentes sources dont:
http://aiderpretres.cef.fr/
http://trinite.1.free.fr/

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